Des chiots et des bébés

Imaginez ce scénario-ci: Votre chienne est en plein travail. Au lieu de la laisser dans le coin tranquil qu'elle a choisi, vous l'enveloppez chaudement, et l'emenez dans la voiture à une maison étrange, avec des lumières vives, où des étrangers viennent et partent et qui la flattent et examinent sans cesse. Dès l'arrivée de chaque chiot, il est positionné à une des mamelles de la chienne pour une minute ou deux, pour voir s'il tète. Sinon, il est lavé, enveloppé, et mis dans une petite boîte à souliers à part, jusqu'à plus tard.

Quand votre montre vous dit que c'est l'heure que les chiots ont faim, vous les prennez dans leurs boîtes et les mettent avec leur mère. Quelques uns sont trop endormis ou excités pour bien téter dès le début, mais la plupart commencent finalement à téter. 5 minutes après que vous les ayez emenés à leur mère, vous les enlevez de sur les mamelles (ce n'est pas une tâche très facile; ils ne veulent pas lâcher prise) et vous les remettez sur une autre mamelle, où ils vont peut-être se remettre à téter (peut-être que non...). Quand votre montre vous dit qu'ils sont pleins, vous les enlevez (c'est encore une tâche qui ne s'avère pas trop facile), vous les enveloppez bien, et les ramenez à leurs boîtes. S'ils pleurent avant que c'est l'heure qu'ils aient faim, vous les brassez, les distrayez, ou vous essayez de leur convaincre de téter sur une tétine en plastique. La nuit, vous les écoutez pleurer dans leurs boîtes solitaires pendant qu'ils apprennent à se conforter eux-mêmes.

Pensez-vous que votre chienne aura un travail et un accouchement facile la prochaine fois, en sachant ce qui arrivera? Pensez-vous que les choits auront de la misère à apprendre à téter? La chienne et ses choits, se sentiront-ils relaxés et confortables ensembles? Avez-vous trouvé la façon la plus simple pour garder les chiots au chaud et contentés? Êtes-vous le mieux placé pour juger quand les chiots ont besoin de téter? Avez-vous le sentiment que vous mettez beaucoup trop d'énergie dans ce projet???

Nous étions des mammifères bien avant d'être des intellects et des génies. Nous pouvons utiliser notre intélligence pour surmonter des problèmes de naissance et d'allaitement, mais c'est beaucoup plus facile si ces problèmes n'y sont pas dès le début! La naissance va beaucoup plus vite et sans problème pour n'importe quel mammifère quand elle est tranquille et en privée, dans un lieu familier. Gardez ça en tête lorsque vous choisirez votre lieu d'accouchement, et remontez les couvertes par dessous ta tête s'il faut, pour trouver votre propre espace privé. Donnez à votre bébé beaucoup de temps à s'habituer à respirer, voir, et écouter avant de vouloir l'allaiter, mais gardez-le avec vous jusqu'à ce qu'elle le fait. Il y a tout le temps au monde pour laver et mésurer/pèser plus tard. Le fait d'interrompre cette première heure interfère avec vos instincts et les instincts de votre bébé, ce qui rend l'allaitement plus difficile et compliqué pour vous deux.

"Portez" votre bébé. Sa fréquence cardiaque, ses respirations, et sa température vont être plus stables dans vos bras, probablement. Partagez votre sommeil avec elle comme l'ont fait vos ancêtres. L'allaitez avant qu'elle pleure, et ne lui demandez pas de raison particulier pour le faire téter. S'il tète d'un bord et semble être content, laissez-le y rester, et ne le dérangez pas. L'autre côté y sera encore pour la prochaine fois, et ne pourrira pas! Vous allez constatez que votre bébé pleure beaucoup moins si vous le traitez comme le bébé de mammifère qu'il l'est. Vos instincts qui vous crient très fort de le garder proche et de repondre à ses besoins et à ses pleurs pour qu'il soit content sont des instincts qui ont toujours aidé des bébés bien grandir et survivre, et vous allez être beaucoup moins stressés si vous les suivez. Le mieux dans tout ça, c'est que vous allez avoir beaucoup plus d'énergie pour vivre et pour aimer si vous mettez moins d'énergie dans la séparation. Pourquoi faire une tâche compliquée d'une tâche plutôt facile?

(En passant...enlevez donc les pauvres petits chiots des boîtes!)

©1996 Diane Wiessinger, traduit en 2000 par Fiona Dionne


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