STEVE HACKETT
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Steve Hackett dans le noir, comme il le fait si souvent

Pour la plupart des gens qui connaissent son nom et son visage, Steve Hackett est l'ex-guitariste de Genesis qui fut le dernier maillon fort du groupe à s'en aller avant la débandade totale. Bon, ceci est un peu cliché, mais en partie vrai dans un sens. C'est lorsque l'on compare le son de Wind and Wuthering au son de ...And Then There Were Three que l'on comprend l'ampleur de l'effet qu'avait Hackett sur le groupe. Remarquez qu'à mon avis, ...And Then There Were Three est supérieur à Wind and Wuthering, mais c'est une opinion rare, et je crois que monsieur Hackett n'y est pour rien, d'ailleurs l'une de ses rares contributions à Wind and Wuthering est la meilleure chanson de l'album...

On oublie souvent que Hackett n'est pas un membre fondateur de Genesis, et ne s'est joint au groupe qu'au moment de finir la création de Nursery Cryme, en même temps qu'un des meilleurs batteurs de tous les temps: Phil Collins. Avant, il faisait parti d'un groupe nomme "Quiet World" que je ne connais absolument pas en date du 4 juin 2004; ils n'ont fait qu'un album en 1970, et Hackett n'écrivais rien. Notre guitariste a par la suite magistralement remplacé Anthony Phillips dans Genesis, et n'a jamais voulu prendre la vedette dans le son du groupe. Toujours assis tranquillement à la gauche de la scène, dans le coin le plus sombre, sa guitare était rarement le point central (avec quelques exceptions, notamment Firth of Fifth!). Il était le maître de l'ambiance accordée. Par contre, il y avait une limite, et lorsque Tony Banks et ses claviers ont commencé à être trop limitants, il est parti. Il est vrai que la relation entre Hackett et Banks ne semble jamais avoir été ce qu'il y avait de mieux, mais je crois qu'on exagère souvent la situation. Par contre, il est vrai que le seul membre du quatuor Genesis de 1975 à ne pas avoir participé à Voyage of the Acolyte, le premier album solo de Steve Hackett, était Tony Banks...

Steve Hackett est reconnu pour ne pas être un guitariste rock habituel. C'est-à-dire qu'il ne saute pas partout, il se penche sur son instrument, et joue avec toute sa tête. Il a peut-être besoin de cette concentration, car il n'est pas le plus grand technicien à cet instrument... Par contre, son talent de composition atmosphérique était évident. Hackett a un style unique, ce qui lui permet d'avoir une carrière solo qui a encore du succès aujourd'hui. Ici, au Québec, il est annoncé dans les journaux lorsqu'il est de passages, et beaucoup de gens savent qui il est, ce qui me semble assez étonnant! Sa carrière solo a commencé dans la veine de Genesis, mais il a rapidement bifurqué (ou est-ce Genesis qui bifurquait?!), choisissant une voie moins lucrative. Il n'a pas copié le son Genesis, et en écoutant ses albums, on voit de quelle partie des compositions de l'ancien groupe il était responsable. Hackett a aussi joué avec plusieurs styles et enregistrés des albums de guitare classique et d'autres plus près du pop, etc. Il n'a pas peur d'expérimenter avec la musique, et c'est bien. Il est à noter qu'Hackett, avec Andrew Latimer de Camel, est assurément l'un de mes guitaristes favoris.

Enfin, voyons ce que cet inclassable et sérieux bonhomme a à nous offrir...

Simon L. 4 juin 2004

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1975
Voyage of the Acolyte

Note: 8+

[Liste des pièces à venir]

Un album qui me semble prendre tous les côtés sombres de Genesis. Steve Hackett était-il le grand pessimiste du groupe? Très sérieux et hivernal comme album. Il y a quand même des envolées et de belles textures de guitares partout.
Meilleure pièce: Star of Sirius...

"He who knows love, knows who you are"

Celui qui connaît l'amour te connaît.

De Star of Sirius

Je disais dans l'introduction à l'artiste que Steve Hackett était un inclassable... Et bien, ceci n'est pas encore vrai ici. En effet, Voyage of the Acolyte est souvent presque considéré comme un album de Genesis. En tout cas, voici votre premier album de Steve Hackett, avec en vedette Mike Rutherford et Phil Collins! Aussi apparaît madame Sally Oldfield, chanteuse de style opéra, qui offre une belle performance sur la dernière pièce. Voyage of the Acolyte n'a pas beaucoup de mots, mais la poésie qui le compose est très bien écrite, bien que difficile à pénétrer. Elle peut sembler clichée, mais encore une fois, elle est très bien écrite. Aussi, elle est très sérieuse! Très peu de réjouissance sur cet album! Mais bon, le rock progressif est souvent comme cela... Mais ici, c'est vraiment quelque chose que l'on remarque. Pour ce qui est de la musique, elle a un caractère unique, et généralement douce; lorsque le rythme arrive, c'est d'une façon très calculée. En général, je dois être dans un état très précis pour écouter cet album, ce qui fait que je ne l'insère pas souvent dans mon lecteur CD.

L'album est supposé être un concept. Les pièces représentent les cartes du tarot. La première chanson est le morceau le plus évidemment "progressif". Ace of Wands bondit dans un nombre incalculable de directions en 5 petites minutes. C'est la pièce la plus rythmée, et la plus populaire de l'album, et avec raison. C'est une espèce de pièce qui est l'essence même du genre. Tout comme Can-Utility and the Coastliners de Genesis! Par contre, ici, c'est le rythme syncopé et les changements soudains qui sont en vedette. Hands of the Priestess Part I est un joli de morceau de guitare, très doux et relaxant. Il est aussi vraiment bien cadré dans le sentiment général de l'album; un hiver médiéval ou il est difficile de se réchauffer. A Tower Struck Down est un morceau bien étrange. Le seul composé en partie avec le frère (John Hackett). Je ne suis pas certain de bien apprécier le début, mais soudainement la "tour" s'écroule et l'ambiance devient superbe. Nous sommes rapidement ramenés à la mélodie de Hands of the Priestess Part I, par contre dans Part II elle est plus enjouée (ouf!) et les belles textures que Hackett est capable de produire avec son instrument se pointent le nez. The Hermit est un bel exemple du sérieux de Voyage of the Acolyte. C'est aussi ici que nous entendons les premières paroles. C'est une ballade très médiévale encore une fois, qui est pleine d'accords en mineur joués lentement sur la voix monotone de Steve. Je suis un peu neutre face à celle-ci; peut-être un peu trop longue. Star of Sirius! Enfin. La voix de Phil Collins et la superbe mélodie créent l'un des moments les plus chauds de l'album. Ce sont les seules paroles de l'album que j'ai tendance à écouter. Probablement ma préférée... C'est le plus près d'un sentiment estival que nous pouvons obtenir ici. La section rythmée avec le refrain "He who knows love, knows who you are" est particulièrement bienvenue, mais les couplets sont écris d'une façon impressionnante, avec une mélodie qui se surimpose sur les accords de manière très originale. The Lovers est un petit instrumental de guitare qui semble avoir été enregistrée sur un ruban qui a été ensuite lu à reculons. Une ambiance superbe et difficile à décrire. Très atmosphérique. Parfait dans le cadre de l'album pour nous mener à un autre chef-d'oeuvre: Shadow of the Hierophant. Pour aimer cette dernière, il faut ne pas être repoussé par les chants du style opéra. Sally donne une belle performance. Encore une fois, je suis surpris par la qualité des mélodies vocales. Après toute la douceur, et juste avant la dernière section, un beau rythme de guitare vient nous apaiser encore plus. Par contre, le xylophone joue quelques notes à répétition, et se transforme en "coda" puissant. Seul "hic" à mon avis: pourquoi le coda commence-t-il avec un volume si bas!? C'est un peu décevant. C'est comme si Steve remplissait les 6 dernières minutes de son album avec un seul riff, et utilise un changement de volume pour seule variation! Mais bon... Le riff est tellement bon qu'on peut lui pardonner. Une finale très puissante qui donne des frissons.

Aucune des pièces n'est mauvaise, il y a des émotions, le sentiment général est très clair, alors pourquoi pas un 9 ou un 10? Hmm, peut-être qu'au moment où vous lisez cette revue, c'est effectivement un 9! Je ne sais pas, j'ai vraiment hésité, mais il y a quelque chose de bizarre avec cet album. Peut-être que je l'ai entendu pour la première fois lorsque j'étais déprimé? Je ne sais pas! Il y a peut-être une PETITE redondance du style... Mais c'est un concept après tout! Il y a aussi la pochette très distincte de Kim Poor, la femme de Hackett, qui capture extrêmement bien l'ambiance de l'album; c'est comme être dans une épaisse couche de glace, et voir la pointe d'une flamme arriver pour nous réchauffer; elle nous réchauffe de temps en temps, très rarement, et sa vision est toujours lointaine... Voyage of the Acolyte reçoit des louanges sans arrêt de toute la communauté, je n'ai jamais été capable d'entrer dans cette foule. Hackett a au moins un autre album qui est meilleur que celui-ci. En fait, cet album a un sentiment très précis, les émotions peuvent être présentes, spécialement sur Star of Sirius, mais ce sentiment est étrange, en fait, l'album a une très grande puissance dans ce sens, et c'est peut-être cette puissance qui me fait hésiter avant de mettre cet album dans le lecteur; est-ce que je veux me sentir comme cela aujourd'hui? La réponse est: très rarement. Mais dans un sens, cette puissance devrait donner à Voyage of the Acolyte une note plus élevée que j'ose lui donner! Alors, dans le titre, en gros, je lui donne un 8+, mais en petit, à la fin de ma revue, alors que plus personne ne lit, je lui donne un 9-...

Simon L. 4 juin 2004

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1979
Spectral Mornings

Note: 10-

[Liste des pièces à venir]

Voilà un album que l'on peut toujours écouter! Steve atteint un summum dans la qualité de ses compositions. Un album moins sérieux, plus léger, comme une brise. Ceci me semble être un album assez "pop", mais vrai au progressif.
Meilleure pièce: Every Day

"You became a ghost to me long before you die"

Tu es devenue un fantôme pour moi, longtemps avant ta mort.

De Every Day

Et bien voilà! Steve décide de faire un album léger, et quelle réussite! C'est un album parfait pour une journée ensoleillée et venteuse. Les compositions sont très "serrées", bien construites. Le tout sent la fraîcheur, le "spectral morning", le matin quoi! Il n'y a aucune mauvaise pièce sur Spectral Mornings, c'est un package parfait. Les influences viennent de partout aussi; Spectral Mornings emprunte du classique, des airs asiatiques et sud-américains, et il y a même de l'humour bien "brit". Et surtout, c'est un autre pas vers l'évolution "hors-Genesis". En effet, nous nous sentons loin des airs de Voyage of the Acolyte qui était presque un autre album de Genesis (ce qui n'est vraiment pas "mauvais" en soi!). Aussi, il est à noter que cet album s'est quand même très bien vendu! Je suis certain que Every Day aurait pu faire un "hit"! Bref, un très bon album...

Every Day est l'une des meilleures pièces de Steve Hackett. Le début pop est original, les paroles biens chantées, et à un moment, on entend le riff de la fin qui s'approche tranquillement. Le refrain syncopé qui dit "Every Day!" est très amusant, et finalement, le solo de Hackett arrive pour la deuxième moitié de la chanson. Quel beau thème! Cette mélodie marque. The Virgin... est une ballade avec guitare acoustique qui, encore une fois, possède une mélodie chantée construite de main de maître. Le refrain change le ton un peu, et les synthétiseurs donnent aux paroles un sentiment de voyage. Très ... "frais". La plupart du temps sur Spectral Mornings, c'est Peter Hicks qui chante, et il fait un très bon travail. Pour revenir à The Virgin, la fin sonne un peu "flûte de pan" et... ouf... quelle composition! Très fort. The Red Flower of Tachai... est un morceau instrumental basé sur un thème de synthétiseur accompagné de guitare un peu à la façon de la pièce précédente. Par contre, ici, la saveur orientale est au rendez-vous. Un autre voyage. Steve Hackett explore les recoins de la planète sur cet album décidément! On entend un instrument à corde qui sonne typiquement japonais. Clocks vient drastiquement changer l'atmosphère; le son de l'horloge est accompagné de synthétiseur lugubre, et un rythme rapide et foudroyant en 4 temps vient briser l'ambiance avec des solos de Hackett. Décidément un des moments les plus étranges de l'album; une autre direction explorée. Au moment où on croit la pièce terminée, la partie The Angel of Mons attaque pendant un long moment, avec des tambours tribaux qui se déchaînent! Tout cela mène à une fin dramatique de percussions! Vraiment bizarre, mais puissant. Alors que vous croyez Steve de retour dans le sérieux, il sort The Ballad of the Decomposing Man, inspiré du style "Monty Python", qui dépeint un homme qui vit une vie un peu simple, et quelque peu stupide. Le rythme est simple, pour cadrer avec le sujet, la mélodie amusante, et soudainement le tout se transforme en... samba? Corrigez-moi, mais je pense que c'est une danse du genre... Une rythme qui se dance à la façon "club med" si vous voyez ce que je veux dire. L'histoire absurde du personnage continue. Suit l'un des plus beaux moments de guitare classique de l'histoire: Lost in Cordoba. Cordoba, c'est une ville d'importance du Brésil. Il m'est arrivé quelque chose de vraiment surprenant avec cette pièce. Je l'écoutais, et je me voyais assis sur une terrasse chaude avec brise, en contemplant la cordillère des Andes... Je ne savais pas à ce moment où se trouvait Cordoba, quelle surprise j'ai eu! Cette petite histoire devrait être suffisante pour que vous puissiez vous imaginer le sentiment général de cette pièce. L'une des plus belles compositions de guitare que j'ai entendues. J'espère que sur certains albums que je vais m'acheter un jour, Steve montre cet aspect de sa guitare plus souvent! Trois pouces en l'air pour Steve. Tigermoth est une histoire reliée à la deuxième guerre mondiale, mais racontée d'une façon un peu sarcastique, ou cynique je crois. Elle commence avec le moment étrange #2 de l'album. Il me rappelle définitivement The Angel of Mons car il possède un rythme du genre, qui peu ressembler à un son de mitraillette par moment! C'est peut-être la pièce la moins mémorable de l'album, mais elle est quand même très bonne. Encore une fois, les couplets et refrains sont écris d'une façon très intelligente, et la mélodie colle parfaitement au thème pour une raison que j'ignore. La magie opère du côté de Steve sur cet album! Surtout à la fin ou Steve nous refait un numéro court du style Lost in Cordoba. Finalement, la pièce titre de l'album clos le disque de façon instrumentale avec un thème et un sentiment qui rappelle fortement la fin de Every Day. Une composition simple de quelques notes qui, répétée en coda avec l'accompagnement nécessaire, donnent des frissons. Le début est vraiment beau, encore un moment type de cet album qui fait voyager, et tranquillement le thème de Hackett arrive, et explose. Ceci se répète et se répète... Jusqu'à la fin de se magnifique disque.

Le visage embrouillé de Steve donne l'impression que nous l'observons dans un film, aux petites heures du matin, à l'extérieur, et que soudainement le décor change et nous voyageons vers d'autres horizons: c'est approprié! Une des grandes qualités de Spectral Mornings est la quantité et la qualité des directions que prends l'album. ... Il n'y a pas de moments inutiles et longs, ou des passages qui s'étirent... C'est ce que je voulais dire par "compositions serrées". "Compositions serrées" réfère aussi au fait que chaque note est entendue, et chaque note a sa place. Alors pourquoi pas donner une complète note parfaite? Euh... Je ne sais pas! Spectral Mornings est un très bel album d'un artiste qui se refait une peau, qui se rafraîchit, qui compose superbement, et tout et tout. Spectral Mornings est à une étincelle d'être un album parfait. Si vous l'avez chez-vous, insérez le dans le lecteur MAINTENANT, il marche en tout temps.

Simon L. 10 juin 2004

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