GRYPHON
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De gauche à droite : Graeme Taylor, David Oberlé, Brian Gulland, Richard Harvey... (On dirait étrangement que la tête de David Oberlé a pris feu!!!)
Gryphon est malheureusement (TRÈS MALHEUREUSEMENT) un de ces groupes qui est disparu dans l'abîme total de l'oubli après la sortie de son dernier album... En fait, Gryphon a encore plus disparu que disparu si vous voyez ce que je veux dire! Certains groupes comme Gentle Giant on tout simplement eu moins d'attentions, mais Gryphon a subi un étrange sort... Pourtant, pendant que le groupe faisait la première partie dans les tournées de Yes, on dit que la foule huait lorsque Gryphon quittait la scène pour laisser la place aux protagonistes... Gryphon a définitivement eut son importance, et je pense fortement qu'il est injuste qu'ils passent aussi aisément aux oubliettes!
Le style du groupe est beaucoup plus folklorique que la moyenne des groupes progressifs (regardez la photo, basson, instruments étranges, instruments accoustiques...). Ils produisent un progressif empreint d'un sentiment "médiéval villageois" bien souvent, mais ils n'oublient pas de tomber dans la symphonie progressive! Aussi, le groupe a-t-il eu une vie très courte, de 1973 à 1977 en fait... ils ont sorti quelques collections par la suite pour les fans qui s'y sont accrochés. Par contre, ces quelques années ont été extraordinairement productives : 5 albums ont vu le jour, tous ont une très bonne qualité sinon une extrêmement bonne qualité, du progressif très haut niveau, et au moins une pierre lourde, un monstre de l'histoire du progressif qui se récolte les mérites des subjectifs et objectifs!
Tous les musiciens du groupe sont des multi-instrumentalistes, la plupart d'entre eux jouent au moins 3 instruments, et pas n'importe lesquels, vous verrez dans la section portant sur les membres qui étaient présents à chaques albums des noms d'instrument qui vous sembleront assez obscures. Bon, force est d'admettre que le groupe n'a jamais eu un chanteur extraordinaire, d'ailleurs ils s'échangeaient le rôles de temps en temps pour répartir le blâme... En fait c'est ce que la plupart des gens disent, mais moi je ne les trouve pas si horribles... David Oberlé est capable de très beau (notemment sur la reprise de Mother Nature's Son des Beatles).
Pour moi, Gryphon c'est la nature... La musique de Gryphon me fait toujours penser à la nature. Le vent, l'eau, les arbres et le bien-être. La musique évoque une pureté exemplaire qui ne peut que nous faire penser aux éléments.
Finalement, Gryphon se classe aisément parmis mes groupes favoris, je les aime même plus que Yes je dois admettre... En fait j'aime Yes, mais je retrouve plus d'honnêté dans la musique de Gryphon... Disons que seulement avec Red Queen to Gryphon Three, il y a Gryphon aux côtés de Genesis.
Simon L. 26 février 2002
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1974 Note: 9 1) Opening Move 2) Second Spasm 3) Lament 4) Checkmate Cet album est d'une constance exemplaire,
pour moi la partie qui se distingue est Lament
mais honnêtement, du début à la fin c'est admirable... |
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Album Instrumental
Cet album est définitivement un pillier de l'histoire du progressif! Grandiose du début à la fin, il transporte à des milles, et à des années d'ici. Les amateurs de fantaisie, de dragons et de guerres mythiques se retrouvent étrangement dans Red Queen to Gryphon Three. On ne comprend pas vraiment pourquoi... En fait, les amateurs de ce genre de fantaisie se retrouvent généralement toujours dans la plupart des albums progressifs (cela s'applique plus à ceux qui ont connu les années 70, maintenant on parle plus de "power metal symphonique").
En fait, Red Queen to Gryphon Three est basé sur une partie d'échec séparée en quatre parties. Les titres parlent évidemment en ce sens : Opening Move, Second Spasm, Lament, Checkmate pourraient être traduits par Premier Mouvement, Deuxième Spasme, Lamentation, et Checkmate est littéralement Échec et mat.
Les quatre parties ont des longueurs à peu près équivalentes, soit 10 minutes. Par contre, chacune des chansons regroupent 4 ou 5 thèmes musicaux différents et même plus, donc on pourrait dire que Red Queen to Gryphon Three offre entre 15 et 20 ambiances musicales toutes aussi extravagantes et envoûtantes les unes que les autres. Opening Move décrit brillamment le début de la partie d'échec ; grandeur, incertitude, un son riche représentant pour moi toutes les pièces, l'action et les possibilités du terrain de guerre. Il y a aussi du superbe piano... C'est la symphonie d'une épopée à venir. Second Spasm rend bien le sentiment de tordage et torture de l'esprit qu'est une partie d'échec avec un adversaire digne. On sent une complexité du jeu et de la musique qui démontre le talent des musiciens. Le début de la pièce est aussi bien représentatif du côté folklorique anglais de Gryphon ; une sorte de chanson villageoise médiévaleuse rythmée et guidée par un instrument que j'ai de la difficulté à identifier (Piccolo? ou flûte tout simplement? Je ne crois pas...). Ensuite la basse et la guitare entrent soudainement en jeu et nous rappelle que nous écoutons bel et bien du progressif des belles années! Aussi rira-t-on en entendant le déchaînement de basson enfantin mais honnête qui se trouve au milieu du morceau (accompagné... d'une flatulence???!). Suit Lament ; un point très fort de Red Queen... qui m'a tout de suite hypnotisé avec son rythme léger de guitare accoustique et de flûte, je ne sais pas comment décrire l'ambiance que créer cette pièce mais c'est définitivement dans le meilleur du progressif! Lament montre un des joueurs prendre le dessus sur l'autre, et cet autre désespère, mais prend la défaite avec sagesse. La fin est totalement ennivrante et il n'y a aucune meilleur façon de terminer le tout. Finalement il y a Checkmate, la fin d'une guerre et la grandeur qui l'accompagne. Ici je pourrai faire le seul petit (mini) reproche à Gryphon ; je crois que la fin d'une partie d'échec de cette ampleur devrait prendre des proportions encore plus mélodramatiques! Une fin encore plus "pompeuse" et gonflée caractéristique du progressif! Je trouve que la fin de Lament aurait du se retrouver à la fin de Checkmate (définitivement!) car cette fin est beaucoup plus sage et grandiose à la fois... Mais il reste que la fin de Checkmate fonctionne très bien pour représenter la destination ultime d'une partie d'échec, c'est-à-dire sa conclusion! J'ai souvent de la difficulté à me souvenir des passages musicaux de Checkmate et je crois que j'aurais dû pouvoir m'en rappeler plus aisément... N'oublions pas néanmoins que cette petite critique se volatilise facilement lorsque nous tenons compte de l'album au complet! Au fond, Checkmate aurait sûrement été ma chanson préférée si elle avait été sur un autre album si vous voyez ce que je veux dire, elle aurait aussi sûrement été la plus symphonique.
Red Queen to Gryphon Three est un "must" pour quiconque a un intérêt quelqu'il soit envers le progressif. C'est un vent de la nature en plein visage! La pochette est d'ailleurs très belle et représentative d'un courant tout aussi "en grandeur" que le "Prog". Vous aimez le progressif? Vous n'avez pas cet album? Allez vous cachez! (Dans un magasin de disque en attendant son apparition par magie...)
Simon L. 1er mars 2002
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1975 Note: 8 1) Down the Dog 2) Raindance 3) Mother Nature's Son 4) "Le Cambrioleur Est Dans Le Mouchoir" 5) Ormolu 6) Fontinental Version 7) Wallbanger 8) Don't Say Go 9) (Ein Klein) Heldenleben Sérieusement... Une chance qu'il y a
Heldenleben!!! C'est une tentative plus ou moins réussi
vers le rock plus "rock" |
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"Wait now, here's a tune bought back from the moon"
Attends, voici une chanson rachetée de la lune
De Don't Say Go
Comme je l'ai dit précédemment, je possède cet album sur un "deux dans un" jummelé avec Red Queen to Gryphon Three. D'ailleurs, il n'y a rien entre les deux, on passe de Checkmate à Down the Dog sans intermission. Alors, la première chose qui vous frappe, c'est le changement dans la qualité du son! Vraiment, quelle descente aux enfers! On dirait que soudainement, les membres du groupe ont pensé que leur batteur était laid, et qu'ils l'ont obligé à aller dans la pièce d'à côté pour jouer! La batterie vient d'outre-tombe! Ceci est particulièrement facile à remarquer quand on saute d'un album à l'autre si soudainement, sans même lever le petit doigt. Mais bon, Trespass de Genesis sonne mal et il demeure un superbe album... Il est dit dans la note de la pochette par Oberlé (le batteur laid! non non non... je blague bien sûr) que Raindance est un mix des influences que le groupe avait acquises à ce moment et de l'expérience qu'ils avaient obtenue en jouant devant de plus grands publics (avec Yes). Un mouvement vers un son orienté vers le rock en résulta. C'est ce qu'il dit.
Down the Dog est un petit morceau bien sympathique, quand on réussit à accepter le son tel qu'il est. En fait, Raindance est un album rempli de "petits morceaux bien sympathiques". Bien qu'étrange rythmiquement, Down the Dog possède une belle mélodie accrocheuse qui démarre l'album avec énergie et entrain. La fin, avec le synthétiseur, est particulèrement mémorable. Par contre, l'énergie tombe rapidement avec la pièce titre. Raindance est une espèce de longue pièce d'ambiance qui tourne autour de l'eau. C'est très calme, et beau, mais très long, et je ne m'attends vraiment pas à entendre quelque chose du genre sur un album de Gryphon! Plus "nouvel-âge" que progressif si vous voulez mon avis! Si on passe par-dessus ceci, on finit par apprécier la belle ambiance "nature" qui s'en dégage. Attention! vers la fin, il y a des coups de tonnerre, et l'un d'eux est particulièrement vicieux! Il me fait sursauter souvent... La pièce glisse tranquilement vers la belle reprise de la chanson des Beatles Mother Nature's Son que je trouve particulièrement belle. Ici, on découvre enfin les voix de Gryphon (quand comme moi, en ce moment, on ne possède pas les albums d'avant Red Queen). David Oberlé chante, et ceci est surprenant car il est le percussionniste, que faisaient-ils en spectacle? Pour moi, c'est l'un des meilleurs moments de l'album, mais ce n'est pas de Gryphon... Par contre, la façon de l'interpréter est Gryphon et elle est ennivrante! Pour ceux qui ne connaissent pas la pièce, elle est sur l'album blanc des Beatles, elle est douce, guitare accoustique et flûte sont au centre du son. Déjà huit minutes de douceur se sont suivies... Suit un des morceau les plus étranges que je connaisse, et cela, sous tout les angles! Même le titre est bizarre : Le Cambrioleur Est dans le Mouchoir?!? On entend très légèrement le bassiste Bennett chanter des paroles françaises assez incompréhensibles, car la voix semble modifiée pour sonner "vieux radio". On ne comprend rien mis à part le moment où il prononce le titre. La chanson met en vedette la guitare accoustique, avec un rythme simple et un solo de clarinette, cela rappelle un peu le thème d'une émission pour enfant... Ormolu est très près de remportée la palme dans la catégorie "chanson la plus inutile sur un album". Encore une fois, un rythme simple pendant une minute, sur lequel trois ou quatre instruments font des "descentes" simplistes. Très court, et très peu mémorable! Ce n'est pas désagréable, mais seulement, on ne s'en souvient jamais! Puis, il y a la pièce un peu controversée de Raindance pour moi. Je n'arrive jamais à un consensus sur Fontinental Version. En fait, la chanson possède définitivement un titre extrêmement laid à mon avis! Je ne sais pas ce qu'il veut dire, d'ailleurs, j'ai bien essayé de lire des paroles de Gryphon et croyez moi, c'est une tâche ardue. Le morceau valse entre les rythmes syncopés et les rythmes simples de ballade. Malheureusement, la voix de Brian Gulland vient tout gâcher à mon avis. Ce n'est pas qu'il chante mal, peut-être chante-t-il tout simplement dans les moments les plus ennuyeux de la pièce? Par contre, les moments instrumentaux sont très bons, et Oberlé adoucit la pièce avec sa belle voix. On dirait que trop d'idées ont été concentrées dans ce petit cinq minutes. Wallbanger est accrocheuse, mais encore, c'est un "petit morceau sympathique" avec un bon rythme de synthétiseur et de guitare électrique qui perdure pendant trois minutes, on ne peut pas vraiment en dire beaucoup plus. Tout comme pour Don't Say Go qui semble être simplement un mix entre Le Cambrioleur et Ormolu avec des paroles! Honnêtement, je trouve que Don't Say Go dépasse aisément les deux autres pièces. Comme on dit souvent en science, la somme de plusieurs éléments forme un tout qui possède des propriétés que les éléments séparés ne possédaient pas (ouf!). Ici, il y a les vocales les plus agréables de l'album. Enfin! enfin, enfin, enfin... Il y a LA chanson de l'album : (Ein Klein) Heldenleben. En Français, on pourrait traduire cet Allemand par "La vie d'un petit héros". Cette énorme pièce instrumentale rappelle beaucoup plus Red Queen to Gryphon Three que tout autre matériel présent sur Raindance. Elle est difficile à décrire, car elle passe par tous les styles de rythme. Mais, il y a ce thème musical principal qui revient sans arrêt et qui est l'un des plus forts de tout le rock progressif à mon avis! Ce thème de quatorze notes représente pour moi le héros et l'image de ses aventures et voyages. Ses rencontres sont caractérisées par tous les passages musicaux, en particulier ce superbe solo de piccolo vers la moitié de la pièce, et bien d'autres que je ne pourrais nommer. Le long morceau a une saveure extrêmement médiévale, plus que sur la majeure partie de Red Queen... Tous les instruments, même les percussions, viennent nous le rappeler. C'est ici qu'on remarque le plus le bassiste, et on dirait que la percussion sonne déjà mieux! (Peut-être ont-ils constaté à ce moment que le batteur n'était pas si laid finalement). La fin est très belle, de beaux instruments à vent, un solo de guitare, la mort du héros est amenée par un adoucissement progressif... Vous devrez l'écouter pour savoir de quoi je parle... Mais pour cela, vous devrez acheter l'album, ce qui est un peu beaucoup en demander!
Finalement, Raindance n'est vraiment pas de la tranche du classique absolu de Gryphon qu'est Red Queen to Gryphon Three. Malheureusement pour lui, il souffre d'une pochette assez peu attirante. L'arrière semble plus beau, c'est un peu la même image sauf qu'il pleut. Il souffre aussi du syndrôme des "petites pièces sympathiques" pour la plus grande partie. Enfin, c'est un album agréable, mais que je conseillerais plus au gens qui veulent vraiment compléter leur collection de Gryphon. L'album suivant est supposément meilleur, et les deux précédents Red Queen aussi. Donc, selon les critiques, Raindance est le pire. Je ne peux pas encore dire... De tout façon, si vous essayez de vous procurez Red Queen to Gryphon Three, il y a toutes les chances qu'il ne soit disponible que jummelé à Raindance! Ne vous inquiétez pas, vous ne serez pas entièrement déçu par cet album, même que vous allez vous surprendre à l'écouter!
Simon L. 4 juillet 2002
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