CAMEL
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De gauche à droite : Peter Bardens, Doug Ferguson, Andy Ward, Andrew Latimer
AJOUT
DU 28 MAI 2004:
Et bien me voilà presque accroc à ce groupe, dont j'ai bien de
la difficulté à trouver un défaut franchement. Je crois
fermement que Andy Latimer, et donc Camel, est l'un des groupes
les plus honnêtes qui existent. Je relis mes revues musicales
maintenant, et je me trouve souvent sévère (Moonmadness reçoit
un traitement avec lequel je ne suis que partiellement en accord
2 ans plus tard). Le "pire" album de Camel semble être
I Can See Your House From Here (de 1979), mais je ne
voudrais pas lui donner une note inférieure à... 6+ !?
L'honnêteté, la mélodie, l'émotion; tout est au rendez-vous.
Maintenant, Andrew Latimer possède la compagnie "Camel
Productions"; en effet, Camel produit ses propres albums.
C'est une petite compagnie indépendante, et la relation avec les
clients est très saine et chaleureuse. Nous sommes loin des
géants comme Universal, EMI... Jamais Latimer ne fait des choses
trop complexes, son seul but est que la sonorité vous transperse
l'âme, et si vous acceptez cela, vous allez vous sentir voler au
loin. Même sa voix, qui est loin de celles de Peter Gabriel ou
Greg Lake, ne peut qu'émouvoir par sa simplicité et son
intégrité. Certains sont aveuglés par un certain voile en
écoutant Camel, et ne semblent entendre que de la musique qui
"tente" d'être émouvante... Il suffit d'accepter
l'âme et l'ambiance du tout, et nous sommes partis pour le
paradis. Il est à noter que les paroles parlent rarement de
thèmes science-fiction ou fantastique (un des défauts du
progressif bien souvent), les albums concepts sont inspirés de
livres (Steinebeck, Gallico), d'événements réels (la situation
en Allemagne avec le mur de Berlin, les immigrants Irlandais...),
ou de thèmes simples, dont celui revient le plus souvent semble
être la "chaude" nostalgie. Andy Latimer est
définitivement mon guitariste préféré; pas un grand
technicien, mais quel compositeur! Il sait comment accompagné
ses thèmes frappants avec les bons accords, et ne se gêne pas
pour les répéter. Bref, Camel est le groupe le plus
grossièrement et injustement méconnu au monde, voilà mon
verdict.
De
retour à mon ancienne introduction:
Camel
est inclus dans ces groupes progressifs qui semblent classés
comme étant des groupes de la "deuxième vague"... Ou
encore des groupes du "deuxième tiers". Les faits sont
que le groupe n'a commencé à vraiment surgir qu'en 1974 avec
son premier album classique Mirage. À vrai dire, les
pauvres sont vraiment mal tombés, car c'est vers les années
1977 et suivantes que la nouvelle vague musicale plus portée
vers le punk s'est imposée, donc ils ont techniquement été
dans l'obligation de se faire un nom avec leur style de musique
en moins de trois ans, et c'est là, selon moi, l'une des choses
qui font que ce groupe est si extraordinaire!
En effet, en 1974, 1975 et 1976 ils ont fait paraître respectivement Mirage, The Snow Goose et Moonmadness qui sont leurs classiques progressifs absolus! Soyons juste, en lisant les différentes revues musicales à propos de Camel, je constate que plusieurs albums qui sont sortis plus tard ont quand même la cote, et cela pour pleins de disques différents (même pour Rajaz, sorti en 1999 et majoritairement composé par Andy Latimer)... Donc, encore une fois, chaque disque a ses fans, et il semble que Camel ait réussi à plaire à tout le monde tout en conservant son son, ce qui est aussi un grand succès!
Le groupe a eu une histoire assez mouvementée; beaucoup de changements dans la formation et de nombreux problèmes juridiques... Si vous vous approchez suffisamment de l'écran pour observer la pochette de Mirage, vous constaterez que le logo de Camel ressemble (est évidemment pareil) à celui de la marque de cigarettes américaine... Alors voici des problèmes juridiques qui surgissent; le groupe a dû redessiner plusieurs de ses pochettes... En Angleterre, la compagnie Camel a quant à elle profiter de la situation en s'associant au groupe et en distribuant des paquets de cigarettes à la voler dans les spectacles, ce que le groupe n'appréciait pas. Ils ont aussi eu des problèmes avec l'auteur du livre The Snow Goose qui n'aimait pas voir son oeuvre associée à un groupe qui était associé à une marque de cigarette (tordu n'est-ce pas?). Les avocats ont aussi fait leurs apparitions souvent pour ce qui était de désigner la formation "officielle" de Camel qui changeait si souvent, surtout à partir de la fin des années 70. Le bassiste Doug Ferguson s'est fait mettre à la porte de Camel parce qu'il n'était plus assez bon (franchement! Un des meilleurs!), pour être remplacer par Richard Sinclair (formation de Rain Dances). Mel Collins de King Crimson a joué du saxophone pour le groupe longtemps. Kit Watkins a joué du clavier... Bardens et Latimer ont eu plusieurs divergences d'idées et Bardens est parti après Breathless en 1978. Pendant ce temps les Sinclair du groupe Caravan ont enregistrer avec Camel, aussi avec le claviériste acclamé de Happy The Man qui se nomme Jan Schelhaas si je ne me trompe pas... Aussi en 1981 le batteur Andy Ward, pris dans l'enfer de l'alcool, tenta de suicider, heurseusement il manqua son coup. C'est aussi pendant cette période que le groupe cotoiera les membres de Alan Parsons Project. Par la suite, Andrew Latimer aura de la difficulté à trouver des compagnies de disques pour faire paraître ses albums... C'est en 1992 que Dust and Dreams paraît... sous l'étiquette Camel Productions! Oui, Andrew Latimer a réussi à faire vivre la musique indépendante... Quel succès!
Il semble alors que le membre pilier du groupe ait été, d'une façon forte et justifiable, Andrew Latimer. Le son de Camel est un son qui se reconnaît assez bien... C'est un son mélancolique qui, je me rallie du côté des autres, "leaves us spellbound everytime" (le son nous laisse sous le charme d'un sort). Le groupe réussi à créer des atmosphères différentes pour ses albums, et les solos de guitares de Latimer appuyés par les sonorités du clavier nous rappelle que nous sommes en train d'écouter Camel. C'est un groupe qui mérite l'attention des amateurs de "prog symphonique" (la vérité est que Camel est vraiment un de mes groupes favoris, avec Genesis). Là où Genesis est inventif, abracadabrant, rempli d'humour, Camel est le maître de la mélodie et des émotions.
Il est à noter que Peter Bardens, un membre très important dans les débuts du groupe qui a influencé tous les autres membres jusqu'à même aujourd'hui, est décédé récemment d'un cancer. C'était le 22 janvier 2002. Condoléances.
Simon
L. 6 mars 2002
Mise à jour le 28 mai 2004
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Vos commentaires;
Patrick F.,
11 août 2005
Salut à tous les fans de
ce site que je visite pour la première fois. Je laisse ici un
message à propos de cet album qui, comme vous le dites est très
sympathique. Je n'écoute Camel (que j'ai enfin réellement connu
dans son histoire grâce à ce site) que depuis deux ou trois
mois et pourtant, sans connaitre la complétude de son oeuvren je
me crois en droit de dire que c'est du très bon. Pour ma part,
cela me rappelle les grands groupes de la même époque, Pink
Floyd, The Doors, Grateful Dead, etc.
On retrouve un peu ce son rock, assez électrique, et cette
douceur mélodique de l'orgue. Le batteur m'est inconnu mais me
semble parfaitement coordonné.
Voilà, un néophyte, une explication bidon d'un profane;)
(Ajout de Simon; Désolé Patrick, tu n'as pas spécifié de
quel album tu parlais, mais je suis sûrement en accord avec
toi!)
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1973 Note: 8- 1) Slow Yourself Down 2) Mystic Queen 3) Six Ate 4) Separation 5) Never Let Go 6) Curiosity 7) Arubaluba BONUS: 8) Never Let Go (Single version) 9) Homage to the God of Light (Live) Quelle surprise! Avec les critiques lues, je
m'attendais à un "endormitoir" en règle! Cet
album est définitivement le plus "rock" des
albums de Camel, et il est toujours rafraîchissant. Vive
l'innocence. |
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"Don't they know it's a lie, man is born with the will to survive"
Ne savent-ils pas que c'est un mensonge, l'Homme est né avec la volonté de survivre
De Never Let Go
Oh que oui! Définitivement, les critiques ne savent pas toujours de quoi ils parlent (moi compris...). J'achetais cet album à cause de mon intérêt grandissant envers le groupe, et la nouvelle version avec une chanson "inédite" de 20 minutes ajoutée à la fin était bien alléchante! Finalement, l'album au complet m'a complètement abasourdi. Je devais me lever tôt le lendemain pour prendre le bus en direction la maison, mais je n'arrivais plus à dormir dans les environs de 4 heures du matin, alors j'ai inséré cette galette de plastique dans mon CD portatif pour la première fois en espérant relaxer... Erreur! On dit de cet album éponyme qu'il était peu intéressant, et n'était qu'une pâle représentation des trois albums à venir... Étrange, je crois l'aimer plus que Moonmadness... Heureusement que ce dernier a Lunar Sea. Je vois l'énergie de Camel partout sur Camel, cette même énergie qui se retrouve sur les albums suivants, mais cette énergie est plus crue, ce qui me plaît bien. Ok, je dois admettre que c'est un rock extrêmement dérivé (Santana, psychédélique et hard...), mais ils le font si bien! Avec tant d'innocence et de férocité!
Le tout débute avec Slow Yourself Down. La vérité est que chaque chanson n'a pas nécéssairement une grande personnalité, mais elles sont tous très faciles à aimer. Le début de cette chanson est un peu surprenant, mais on comprend vite la structure. J'aime surtout la partie ou des voix chantent sans paroles. Beaucoup d'énergie oui! Mystic Queen est la pièce la plus douce de l'album même si elle est quand même bien vivante, avec ses passages mélodiques que le groupe n'a pas manqué d'insérer. Pourquoi les gens critiques tant la voix de Ferguson? Elle n'est pas horrible, elle fait très bien l'affaire à mon avis. Je me demande bien comment il pouvait bien jouer ses parties en chantant en spectacle, ceci est particulièrement évident sur Curiosity. Cette dernière est souvent la chanson que les gens pointe comme étant la moins intéressante de l'album. Je ne sais pas trop quoi répondre à cela, je suppose qu'ils ont raison, mais à chaque fois que j'écoute Curiosity, j'entends assez de férocité (particulièrement vers la fin) pour avoir du plaisir! Mon seul reproche est peut-être le volume... Qu'ont-ils fait au pauvre Ferguson, sa voix était-elle enregistrée par le microphone de Ward sous le "bass-drum"??? On ne t'entends pas mon pauvre! Je ne crois pas que de ne pas comprendre les paroles soit si terrible après tout... Mais la voix! En effet, les textes ne sont pas superbement profonds, mais toujours amusant. "Have you seen the mystic queen riding in her limousine"???. Souvent, les textes sont plutôt adolescents, notamment sur la pièce classique de l'album Never Let Go, mais ne devons-nous pas garder un peu de jeunesse et d'idéalisme en nous? Je crois que Latimer accepte ce fait car Never Let Go fait à peu près toujours partie des pièces à jouer en spectacle. D'ailleurs, cette dernière est probablement, en effet, la meilleure de l'album... En fait... Ah! Je ne sais pas, mais elle est vraiment un des points fort. Une ballade rapide (paradoxe) et puissante qui évoque le pouvoir que l'humain a de survivre et d'acquérir une sagesse. Oui! Il y a trop de monde sur la Terre! Mais nous allons trouver la solution! La fin est extraordinaire, le mur de son créé par le mellotron est parfait pour le solo de Latimer. Il y a une imitation de flûte assez intéressante vers le milieu de la pièce, à entendre... Six Ate n'est qu'une instrumentale jazz-blues-prog (quel connaisseur n'est-ce pas? En fait, ne vous fiez pas à moi...). Encore là, le principe de ce morceau est, je crois, de créer une ambiance de feu, mais toujours uniforme, pour vous bousculer avec quelques moments infernaux! Pas la meilleur par contre, mais quand même très bien. Separation est ignorée par tout le monde. Woa! Un de mes moments favoris. Je parle d'énergie depuis le début, et bien ici, on a un des riffs les plus agressifs de l'album! Comment les gens peuvent-ils l'oublier? Ah je sais, elle ne s'étend que sur 4 minutes... (sarcasme). Arubaluba laisse étrangement toujours un blanc dans ma tête. Je ne comprends pas pourquoi, car quand je l'entends, je l'aime bien, et encore une fois, ici, il y a un des riffs les plus forts. Fin de l'album, début des bonus tracks. La version single de Never Let Go est identique à la version originale, mais plus courte, donc, rien à dire. L'apparition de Hommage to the God of Light est la raison qui m'a poussé à me procurer cet album. C'est une pièce qui se trouve sur un des albums de Peter Bardens datant d'avant Camel. C'est la raison pour laquelle on a ici un style extrêmement Santana! Non mais, sérieusement, c'est extrêmement Santana! Mais quelle puissance encore. La pièce était utilisée pour combler les vides du groupe quand il se produisait en spectacle à cet époque. Féroce par endroit, très féroce et bouillant! Le rythme est hypnotisant et les apparitions soudaines du riff principal pourrait vous faire tomber. Attention!
Et oui, et oui... Un autre album que je considère comme sous-estimé, mais cette fois, grandement sous-estimé! Je me trompe, les gens ne le trouvent pas mauvais; ils ne le trouvent pas, point. Déterrez cet album je vous en prie! Il n'est pas dans la bonne époque pour la plus grosse partie. Il est en retard, mais il reprend ses prédécesseurs avec brio. Fans de Camel sans cet album, que puis-je vous dire? Rien je suppose, ne vous gênez pas pour acheter Camel. La pochette est quand même très belle, mais pourquoi cette larme à l'oeil du dromadaire? ...
Simon L. 8 mars 2003
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1974 Note: 9+ 1) Freefall 2) Supertwister 3) Nimrodel The Procession The White Rider 4) Earthrise 5) Lady Fantasy Les longues chansons remportent la palme
comme souvent, mais j'avoue qu'il y a bien peu de moments
ennuyants ici... Choix déchirant entre Nimrodel et Lady
Fantasy. Mirage est rempli de rythmes fort et
sérieux, mais qui en même temps parlent à vos cordes
sensibles! |
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"The wizard of them all, came back from his fall, this time wearing white"
Le Magicien des
magiciens, est revenu de sa chute, cette fois vétu de blanc
(en référence à Gandalf du Seigneur des Anneaux de J.R.R.
Tolkien)
De The White Rider
Et voici mon premier album de Camel... J'ai été énormément surpris par celui-ci. Mirage possède une texture particulière, de plus, on l'approche avec un "goût" différent juste en regardant la pochette qui représente le désert. En fait, en achetant cet album je ne savais pas à quoi m'attendre mais merci j'ai été agréablement surpris... Assez pour susciter un intérêt et maintenant je songe à me procurer quelques albums du groupe. Mirage représente le premier d'une série de trois albums qui sont considérés par la critique progressive comme étant l'oeuvre classique de la formation.
Mirage ouvre d'une façon assez dure avec Freefall, une pièce qui semble dérivée des origines un peu plus jazzées de Camel. Les paroles sont un peu simplistes mais charmantes. Au fond, les albums de cette période ne possèdent pas beaucoup de paroles, il faut dire que le groupe ne possède pas de véritable chanteur encore. La voix des membres n'est certainement pas extraordinaire, mais je trouve qu'elles font l'affaire et ne sont pas indécentes. Freefall est bien rythmée et me plaît bien... Suit, Supertwister, une pièce amusante et folklorique où Latimer montre qu'il possède des talents très considérables pour la flûte; en effet, je trouve ce moment de flûte plus "compétent" que ce que j'entends dans Aqualung de Jethro Tull. Le morceau se conclut par le son d'une canette de boisson gazeuse quelconque qui s'ouvre, d'où "canettes" dans la description de tâche de Andy Ward.
Nimrodel est une ode à J.R.R. Tolkien qui, en démontrant l'intérêt du groupe pour la représentation musicale d'oeuvres écrites, semble présager le fait que Camel sortira un album instrumental qui sera l'interprétation complète d'un roman en 1975. La chanson laisse Latimer s'amuser à la guitare, j'aime bien le moment où on entend une fanfare médiévale qui semble annoncer l'entrée (ou la sortie) d'une armée mythique dans un bourg d'époque. On remarque ici que la basse est tout le temps exceptionnelle dans les chansons de Camel. En passant, Nimrodel est le nom d'un personnage assez secondaire du Seigneur des Anneaux, en fait ceux qui n'ont lu plus que l'oeuvre en tant que telle ne se souvienne probablement pas d'avoir lu le nom, car le personnage est absent du récit et ne s'y manifeste que par un ruisseau nommé en son honneur aux portes de la Lothlorien. Ce fait nous montre que Latimer connaît bien une oeuvre lorsqu'il s'aventure sur le terrain glissant de l'interprétation musicale! En tout cas, la pièce en tant que telle parle plus du magicien Gandalf que de Nimrodel. C'est un morceau de progressif dans lequel je mors à belles dents! Ensuite il y a Earthrise, une pièce instrumentale qui rythme un peu l'espace entre Nimrodel et Lady Fantasy. Personnellement, je trouve qu'ici on voit le talent du batteur Andy Ward, et la symbiose qui existe entre les musiciens, j'aime bien le tout. J'aime beaucoup de Camel le fait que nous ne comprenions pas toujours d'où vient le nom des chansons, car elles sont instrumentales souvent, mais nous sommes capables de faire un lien indescriptible verbalement entre la sonorité de la chanson et ce titre; c'est le cas pour Earthrise.
Finalement, il y a Lady Fantasy, probablement le choix de la plupart des fans de rock progressif. C'est compréhensible, car avec sa longueur et ses passages complexes et enivrants, Lady Fantasy a tout pour plaire aux amateurs. Encore une fois, ne cherchons pas trop à comprendre les paroles, contentons nous de la voix qui sonne irréel et mêlons la bien à la recette gagnante. La chanson passe merveilleusement bien de calme à rapide et même à furieuse vers la fin. Je crois d'ailleurs qu'elle gagne le coeur de plusieurs vers la fin, lorsque cette furie progressive et dure revient à ce magnifique solo de guitare qui hantait l'atmosphère au début. Mille fois bravo.
L'avenir de Camel semble s'illuminer ici, la lumière du désert réchauffe le passage à venir. Il est dommage que nous soyions déjà en 1974, car l'ombre des années 80 et ses précurseurs s'approche rapidement... Malgré tout, Mirage est décidément superbe, et les néophytes devraient apprécier celui-ci énormément, notamment les jeunes, qui vont aimer le côté plus "rock" de cet album (addition du 14 juin 2003 : malgré que Camel (l'album éponyme) ne laisse pas sa place dans ce domaine!).
Pour finir, je voudrais dire que cet album se retrouve très souvent dans mon lecteur, je le trouve aisément abordable, et il remplit d'une énergie mélancolique mais puissante ceux qui l'écoutent. "It'll leave you spellbound".
Simon L. 6 mars 2002
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1975 Rating: 10 1) The Great Marsh 2) Rhayader 3) Rhayader Goes to Town 4) Sanctuary 5) Fritha 6) The Snow Goose 7) Friendship 8) Migration 9) Rhayader Alone 10) Flight of the Snow Goose 11) Preparation 12) Dunkirk 13) Epitaph 14) Fritha Alone 15) La Princesse Perdue 16) The Great Marsh Ceci est définitivement un grand classique,
album très représentatif du groupe, et du genre. La
musique progressive symphonique à son meilleur et à son
plus émouvant. Chapeau Camel! À acheter absolument. |
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Album instrumental
J'avais lu à plusieurs endroits que The Snow Goose était fabuleux... Je me le suis procuré, je suis plus que d'accord, je suis accroc! C'est la première fois que je fais une revue d'album aussi rapidement. En fait, j'ai reçu mon disque Jeudi dernier, nous sommes Mercredi, donc cela ne fait pas encore une semaine. Parler d'un album comme celui-ci, c'est une tâche qui semble monumentale... Je vais faire de mon mieux!
The Snow Goose est inspiré d'un livre, effectivement, le titre légal de l'album est Music Inspired by The Snow Goose. Ce livre a été écrit en 1941 par Paul Gallico (www.paulgallico.info). Je ne l'ai jamais lu, je vais m'empresser de le faire, même si je connais déjà assez bien l'histoire (je me suis informé sur le net évidemment). Rhayader (chanson #2) est peintre (dans la construction je crois) et il travaille dans un phare pendant la Deuxième Guerre mondiale. Beaucoup d'oiseaux volent près, et il construit un sanctuaire (#4) pour les accueillir et guérir ceux qui sont blessés. Par contre, Rhayader possède une allure étrange, il souffre d'un handicap (même genre que le fameux "Bossu" de nous-savons-où). Aussi, son tempéremment est tout aussi étrange. Ce qui fait que lorsqu'il va au village, il est regardé et rejeté (#3). Un jour, une oie blanche canadienne ("The Snow Goose" #6) est retrouvée gravement blessée par la jeune Fritha (#5). Elle amène l'animal blessé au sanctuaire de Rhayader et un profond lien d'amitié lie Fritha et Rhayader, et même la belle oie blanche ; un trio d'amis (#7). Malheureusement, lorsque vient le temps de la migration (#8 et #10), l'oie qu'ils ont rebaptisée La Princesse Perdue quitte le sanctuaire, et Fritha ne rend plus visite au pauvre Rhayader (#9). La Guerre fait rage, et un village tout près nommé Dunkirk est attaqué. Rhayader aide les habitants à se sauver avec un bateau (je crois), mais il est mortellement blessé vers la fin du raid. (#11, #12, #13). On dit que l'oie a survolé le lieu de la tragédie et a protégé le corps du héros. Fritha se retrouve seule et regrette Rhayader (#14), et la Princesse Perdue vient voler aurpès d'elle avec toute sa grâce pour symboliser l'espoir, la vie... (#15)
Ce qui est frappant, c'est de voir à quel point la musique colle bien à chacun de ces passages. Rhayader est une de ces chansons qui vous rappellent pourquoi le rock progressif est si extraordinaire! Il n'y a aucun passage endormant, on est à l'écoute tout au long. Certains disent que cet album a une ambiance froide, mystérieuse et mélancolique. C'est en partie vrai, mais je le trouve plus complet, il comprend aussi beaucoup d'énergie : il ne faut pas subir l'illusion de la pochette! The Snow Goose peut brûler pendant certains passages comme il est calme dans d'autres. Rhayader est énergique non? Et que dire the Flight of the Snow Goose? Le moment le puissant est probablement Dunkirk, normal, c'est la Guerre. Mais côté symphonie, climax, Flight of the Snow Goose est ahurissante, et La Princesse Perdue, avec l'aide d'un orchestre sous la direction de David Bedford, se transforme en une fin plus grandiose que tout ce qu'on aurait pu imaginer. Bon, j'avoue que la fin est, comme le début, The Great Marsh, ces deux moments musicaux sont hypnotisants, intriguants, calmes, ils ferment la boucle et vous donne le goût de tout réécouter. Il est impossible de manquer d'attention et de penser à votre marque de céréale préférée pendant toute la durée de cette oeuvre. À un seul moment je m'endors lorsque je suis fatigué ; ce n'est pas parce que c'est mauvais, mais parce que c'est hypnotisant : Preparation et Epitaph, sont vraiment mais vraiment hypnotisant. La voix de la dame qu'on entend vous fait perdre la carte si vous êtes moindrement fatigués. Dommage quand même, parce que dormir pendant Dunkirk, c'est un crime. Dunkirk est bien le moment le plus progressif (si cela existe ici) de l'album. La fin a un rythme époustouflant (je manque d'adjectifs!) qui me rappelle étrangement la fin classique de The Chain de Fleetwood Mac. (Je crois que Mick Fleetwood était un bon ami de Bardens, mais ne me faites pas trop confiance je vous en prie). Décidémment, je louange entièrement ce morceau de plastique qui se retrouve toujours dans mon lecteur et je vous dis : achetez le! J'oubliais! The Snow Goose (la chanson) comporte de la belle guitare aussi! Enfin... vous voyez le genre, je ne sais plus trop quoi dire, cela va finir par se répéter... Tout est extrêmement bon... (en passant... Migration vous fait réellement penser à une migration!!!)
Il est à noté que cet album, ou la version que j'en possède du moins, possède une qualité sonore remarquable! Meilleur même que l'album suivant Moonmadness! Je trouve personnellement que The Snow Goose semble plus évolué que Mirage, évidemment, mais aussi Moonmadness. Comme si l'album sortait vraiment du cadre où il se retrouve... C'est un disque très étonnant...
Bref, The Snow Goose est un des albums les plus représentatifs du prog symphonique, et même du progressif tout court. L'ambiance de ce disque est ennivrante vraiment. C'est l'ambiance qui construit tout cette beauté, et voici un aperçu qui, je l'espère, réussira à créer avec des mots les mêmes images que l'album : le blanc, le bleu, le froid, l'air, le vol, la liberté, la tristesse, l'espoir, la vie, le temps, la nostalgie, l'amitié, etc. Même si Paul Gallico n'a jamais accepté que cet album soit associé à son livre (d'où l'absence de paroles et l'addition du "music inspired by"), il doit plusieurs copies vendues de son livre à Camel j'en suis assuré. Plusieurs thèmes musicaux reviennent tout au long de l'album. Par exemple, les trois personnages, Rhayader, Fritha et l'oie blanche ont tous une chanson avec une mélodie reconnaissable. Ces mélodies reviennent sans arrêt lorsque le moment est opportun (Rhayader Alone, Fritha Alone, La Princesse Perdue...). Je peux aussi avancé que The Snow Goose est TRÈS ACCESSIBLE. Il est encore un des meilleurs vendeurs du groupe. En effet, il ne nécéssite pas des dizaines d'écoutes pour être apprécié. C'est donc une oeuvre que je recommendrais fortement à quelqu'un qui veut se lancer dans la musique progressive. "Accessibilité" n'égal donc pas toujours "ennui après quelques écoutes". Pour dire vrai, faites attention, vous pourriez devenir dépendant.
Bravo Andy Latimer et Peter Bardens! Bravo Camel!
Simon L. 29 mai 2002
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Vos commentaires;
Antoine C., 7 septembre 2002
Effectivement, nous sommes en présence d'un chef-d'oeuvre du courant progressif des 70's. En ce qui me concerne, il faudra attendre 1991 et "Dust and dreams" pour retomber sous le charme du groupe.
1976 Rating: 7 1) Aristillus 2) Song Within a Song 3) Chord Change 4) Spirit of the Water 5) Another Night 6) Air Born 7) Lunar Sea Le groupe évolue, mais dans quelle
direction? Je sens que si Camel n'avait pas changé de
style dans les années qui suivirent, la déchéance
aurait été inévitable. Heureusement, ici, on a encore
du bon matériel. |
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"We can live, we can die, and nothing stops the river as it flows by"
Nous pouvons vivre, nous pouvons mourir, et rien n'arrête la rivière qui coule
De Spirit of the Water
Je me dois de réécrire cette revue, vraiment, j'ai été dur envers l'album. Il est bizarre de constater que la qualité du son de cet album semble inférieure à la qualité sonore de l'album précédent! Peut-être est-ce une allucination aussi, je ne sais plus trop. Le texte dans la pochette de The Snow Goose dit que l'album qui suit (Moonmadness dont il est ici question) allait contenir des paroles et allait être plus orienté vers le grand public suite à des pressions de la compagnie de disques. Pourtant, à mon avis, The Snow Goose était très accessible! Bon, accessible pour ceux qui voulaient s'initier au progressif, mais je dois avouer que pour la radio, Moonmadness avait plus de chances. En fait, Another Night semble être la seule chanson de Camel qui ait eu une chance à la radio, bien que la présence de la pièce sur cette radio ait été minime. Au Québec en tout cas, je suis prêt à parier que rien de cet album n'a été diffusé sur les ondes d'une quelconque station FM!
Pour bien approcher Moonmadness, je crois qu'il est indispensable de comprendre l'atmosphère générale qui s'en dégage; il faut l'écouter quelques fois et se faire une idée de l'ambiance de froid nostalgique et d'isolement qui en émane. Personnellement, je pense que l'album débute d'une façon un peu maladroite! Soudainement, Aristillus semble défoncer vos pauvres caisses de son d'une façon totalement dissonante! Ces synthétiseurs sont un peu agressants, mais étrangement leur sonorité est appropriée au thème. Heureusement, l'impression ne subsiste que quelques secondes. La pièce contient au moins un bon moment, le seul qui soit différent du reste de la chanson en fait. Je crois qu'on aurait dû bâtir l'air principal autour de ce moment captivant, au lieu du rythme un peu simple et entouré d'un synthétiseur légèrement agressant. Avouons par contre que c'est drôlement original. Ensuite, lorsque Song Within a Song démarre, on comprend bien ce que voulait dire "plus orienté vers le grand public". Par contre, le tout reste en général doux et agréable, et le retour des vocales se fait entendre pour la première fois ici, accompagné de flûte envoutante. Ce que j'aime de Camel, c'est que les chanteurs ne sont pas trop extravagants (Jon Anderson, Greg Lake), et ni trop pourris! Ils nous donnent souvent l'impression que si on veut, on peut (presque) tous chanter un morceau! Au milieu de la pièce, le rythme s'accélère un peu pour donner la saveur "prog" au tout : synthétiseur, rythme intéressant, finale grandiose. Chord Change qui suit, semble souffrir du même problème au tout début que Aristillus, un solo de guitare qui ne semble pas se suivre! Mais en fait, il est construit de façon assez complexe, et bien rythmé, même si en général j'apprécie plus ou moins cette intro. Le solo de guitare qui suit est calme et un peu déchirant, si vous voyez ce que je tente de dire! Et puis, l'orgue de Bardens embarque. Le tout est très agréable, le meilleur est la guitare de Latimer. Chord Change se retrouve souvent dans les spectacles de Camel. Spirit of the Water est un morceau très beau, et très court, écrit par Bardens. Simplement au piano et à la fluûte, Bardens lance une ballade assez émouvante. D'ailleurs, le site de Camel a utilisé les paroles de cette chanson pour rendre un dernier hommage à Bardens, qui est décédé assez récemment. "We can live, we can die, and nothing stops the river as it flows by". Sa voix a été un peu traffiquée pour sembler sortir de l'eau. D'où Spirit of the Water, l'esprit de l'eau. Suit Another Night, une des rares chansons écrites par le groupe en entier. En effet, Ward et Ferguson ont participé à son écriture. Ironiquement, cette chanson est le point faible de l'album pour moi. Je ne dis pas que le batteur et le bassiste ne sont pas bons, au contraire, je les trouve très talentueux, particulièrement Ferguson, le bassiste, qui m'impressionne toujours, surtout dans The Snow Goose. Another Night, est construite autour d'un espèce de "riff" de guitare pseudo "hard" qui me laisse assez perplexe... Il y a bien quelques moments étranges qui méritent l'attention de ceux qui écoutent, en particulier les moments intstrumentaux où Ward se démarque particulièrement avec des rythmes difficiles à suivre. Un solo de Latimer à la fin donne quand même un peu de piquant! En général par contre, le tout est assez moyen. Air Born contient une des meilleurs harmonies entre basse et voix que j'aie entendu depuis bien longtemps! Vraiment les "Don't know where you go when you die" et telles lignes sont tellement rehaussées par la présence de Ferguson à la basse. Pour une fois, nous n'avons pas à être attentif pour remarquer le bassiste! J'oubliais, le début de Air Born est portée par la flûte de Latimer ; je le répète, la flûte de Latimer est à la hauteur de celle de Gabriel de Genesis et de Ian Anderson de Jethro Tull. Encore une fois, la fin est très symphonique, grossie par Bardens aux claviers. Air Born par contre ne se tient pas aux côté des classiques; elle est facilement oubliable. Finalement, Lunar Sea, une pièce instrumentale, clos l'album avec toute la grandeur habituelle des longues pièces du progressif. Dès le début, les synthétiseurs nous donne l'atmosphère de la chanson qui colle encore parfaitement au titre : une mer lunaire. Si j'étais sur la lune, et que le son pouvait voyager dans l'espace, c'est dans une ambiance comme celle-ci que je me retrouverais! Tout au long, Bardens utilise les sonorités les plus "spatiales" et "cosmiques" de ses appareils. Celles-ci sont soutenues par le combat éternel que semblent se livrer Ward et Ferguson, batteries et basse. À certains points, ces deux instruments forment un rythme clément, à d'autres moments, c'est un rythme infernal, tellement que vers la fin de la pièce, on croirait que notre pauvre chaîne stéréo va rendre l'âme, étant noyé par tout ces coups et ces instruments. Lunar Sea est sans contredit, encore une fois, un bon exemple de ce qu'est le progressif.
Il est évident que cet album n'est pas de la tranche de The Snow Goose, mais, il tient évidemment très bien la route. Moonmadness est loin d'être parfait, mais il fait partie des classiques de Camel. Je crois qu'on aurait pu fusionner Another Night et Air Born pour en faire une pièce de 8-10 minutes avec les meilleurs moments; nous aurions obtenu un classique. Moonmadness peut devenir une étrange obsession... Cette fin mythique, où le vent semble souffler sur la surface de la lune, rend vraiment bien le sentiment général que l'album donne : une espèce de mélancolie froide, solitaire, qui convient quand on le veut bien. La question est lancée, est-ce un album plus mature que The Snow Goose, ou est-ce un pas en arrière? Je ne le sais pas. Il est une évolution de la sonorité du groupe, mais dans quel sens? Je ne saurais dire, mais au moins l'organisation essaie de se renouveler, même si parfois j'ai l'impression que Moonmadness n'est qu'un mélange de Mirage et The Snow Goose.
Simon L. 23 janvier 2004 (corps principal du texte le 25 juin 2002)
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1977 Note: 7 1) First Light 2) Metrognome 3) Tell Me 4) Highways of the Sun 5) Unevensong 6) One of These Days Ill Get an Early Night 7) Elke 8) Skylines 9) Rain Dances BONUS: 10) Highways of the Sun (Single version) Le changement se fait vraiment sentir, un
album bien différent des précédents. Rain Dances
explore le jazz-pop progressif. On peut croire que Camel
n'est plus lui-même, mais je crois qu'on sent la
"touche" du groupe partout. Un mélange
surprenant. Vive First Light et Unevensong! |
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"Been awake so long, I feel like I belong with the rain"
Éveillé si longtemps, je sens que j'appartiens à la pluie
De Unevensong
Rain Dances a de superbes hauts, mais aussi d'horribles bas. C'est le premier album sans Doug Ferguson. Andy Latimer aurait été dans l'obligation de le mettre à la porte, faute du talent nécéssaire pour la progression du groupe. Je suis un peu révolté par cela et en même temps j'ai bien honte, parce qu'avant de connaître cette information, je croyais que Doug Ferguson était l'un des meilleurs bassistes du rock progressif! Bon, et bien je dois garder mon orgueil et continuer de dire qu'il est l'un des meilleurs, même s'il ne composait pas vraiment... Oui! Doug Ferguson mettait un superbe "mood" au son de la quatre cordes électrique! Richard Sinclair de Hatfield and the North fait vraiment bien l'affaire par contre... On ne peut nier qu'il a un talent prédominant, les arpèges présents dans l'album nous le montre bien. Mel Collins, ancien saxophoniste de nul autre que King Crimson vient ajouter à la saveur jazz de Rain Dances. Je n'était pas vraiment fan de saxophone avant d'en entendre sur les albums de Camel. Je crois qu'ils en font bon usage. Alors... Si on regarde la longueur des pièces, on constate rapidement qu'une tradition du progressif est absente ; les longues pièces! Cela donne peut-être l'impression à des snobs du progressif qu'il n'y a aucun classique sur l'album... Pour ma part, au moins deux pièces valent la peine d'être considérées comme des classiques du groupe.
Le tout début de First Light peut sembler un peu trop "pop bonbon" pour certains (en tout cas, les 30 premières secondes...), mais lorsqu'on sait ce qui s'en vient, on oublie vite cet effet. Le premier son qui nous rappelle Camel est le synthétiseur de Peter Bardens, qui a vraiment l'odeur du groupe. C'est aussi à ce moment qu'on se rend à l'évidence que oui, nous sommes maintenant en 1977 ; l'ère des synthétiseurs est vraiment arrivée. Le son du synthétiseur est plastique oui, mais je ne trouve pas cela complètement désagréable ; je trouve que l'effet nous transporte directement à la fin des années 70 (si on oublie K.C. and the Sunshine Band et tous ses amis bien entendu!). First Light est peut-être ma pièce favorite de l'album, les solos consécutifs mais identiques de synthétiseurs et de guitares suivis des arpèges de basse et du thème principal de Rain Dances donnent un effet étourdissant. Metrognome suit. Je dois avouer que ce qu'il y a de bien avec cette chanson, c'est à peu près seulement le titre, et quelques passages bien jazzés intéressants. Le "riff" de basse de Collins revient vers la fin, ce qui est bien, mais bon, sans plus. La façon dont les paroles sont livrées ne me plaît vraiment pas. Tell Me est une chanson douce et lente. Je ne sais pas si je l'aime vraiment, elle me paraît un peu longue, et on dirait du déjà vu. Combien de pièces semblables sont parues dans ces années? Beaucoup... Elle exploite la sonorité surréelle et cosmique du clavier. Mais Tell Me n'est rien d'offensant lorsqu'on entend ce qui suit ; Highways of the Sun. C'est la pièce qui a servie de "single" avec Tell Me en face B (quels choix atroces franchement!). Franchement, je crois que Highways of the Sun est bien la pire chanson de Camel que je connaisse. Il faut dire qu'en ce moment, je ne possède pas Breathless, l'album studio suivant, et je suis un peu craintif à me le procurer, mais nous savons tous très bien qu'il se retrouvera dans ma collection à un moment ou un autre. Le synthétiseur de Peter Bardens est à sa sonorité la plus laide, le rythme à son plus simplet, la basse à son plus ennuyant ; le tout tente d'être heureux, mais goûte tellement le pop bonbon pourri qu'à chaque fois j'ai vraiment un besoin urgent d'avancer à la piste 5! D'ailleurs, la piste 5 est l'autre classique de l'album, raison de plus pour abréger l'écoute de Highways of the Sun. Unevensong a tout pour plaire. Les paroles sont mieux livrées que sur Metrognome et le rythme est plus intéressant (en fait, très compliqué! Bravo à Andy Ward qui a participé à l'écriture de la chanson). J'avoue que la section du milieu rappelle fortement Pink Floyd, mais j'oublie vite car Camel fait de tout cela un moment superbe. Le meilleur est bien sûr cette fin extraordinaire qui donne probablement le titre à cette chanson. La pièce change beaucoup et vous donne votre dose de mélodie à la Camel. Un riff simple mais puissant sur de la basse intelligente pendant un deux minutes de batterie bien travaillée qui devient envoûtante à la fin ; époustouflant, un classique du groupe. One of these Days... ne se prend pas au sérieux et j'aime bien. C'est l'expérience jazz principale de l'album dans laquelle tout le monde s'implique. Aucun moment ne se démarque vraiment mais le rythme disco-jazz donne le goût de taper du pied. C'est une pièce agréable, mais on ne peut pas en faire un album! Elke comporte la participation d'Eno à l'album. Rien d'extraordinaire par contre, mais lorsqu'on a le casque d'écoute sur la tête, c'est une pièce qui ensorcèle et vous ramène à l'état "relax" après deux morceaux de musique plus essoufflants. Skylines est un autre pas dans la direction jazz mais avec un sentiment plus progressif. Encore là, c'est une pièce qui est difficile à retenir. La basse est bien, mais le reste ne réussit pas à prendre une direction assez forte pour être accrocheur. Le meilleur moment est une changement de signature de temps vers 0:40. Intéressant, sans plus... Malgré que lorsque le la guitare crie sur un fond de cuivres et de synthéto-mellotrono-clavier, on a bien du plaisir. Finalement, la pièce titre de l'album est vraiment, mais vraiment trop courte. C'est un morceau presqu'entièrement synthétisé qui rappelle avec puissance les meilleurs moments de First Light (le thème de l'album en fait), avec les mêmes arpèges vers la fin ; intense! J'aimerais bien que ma version de l'album ce termine là car ce qui suit est l'offense par excellence. En fait, l'album originale se terminait ici, mais sur le CD, bien entendu, ajoutons un superbe bonus! C'est à dire, une version single de l'horrible Highways of the Sun. Je n'ai aucun commentaire à part celui-ci ; elle est bien meilleur, parce qu'elle est plus courte! Autrement, elle est la même...
Rain Dances n'est pas un album que je recommenderais à un nouveau venu dans le monde de Camel, comme pour la plupart des autres albums après Rain Dances (peut-être mis à part A Live Record). Mais pour quelqu'un qui a apprécié tous les albums précédents, je crois qu'il en vaut vraiment la peine d'explorer les suites de Camel, ce que le groupe a réussi à faire malgré les bouleversements musicaux qui suivirent. La pochette de l'album est vraiment particulière pour un groupe progressif. On dirait plus une pochette de rock progressif des années 80 ou début 90. J'aurais voulu donner plus à cet album, mais la combinaison fatale Metrognome-Tell Me-Highways of the Sun m'en empêche. Une des bonnes qualités de l'album est qu'il vous projettera vraiment à cette époque étrange de la musique. Pour ma part, je ne sais pas si je dois le classer comme étant meilleurs que Moonmadness. Une chose est sûre, c'est qu'il y a une vraie évolution, et pas de pas en arrière.
Simon L. 15 mars 2003
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1978 Rating: 9 *** = Chansons ajoutées sur le
remaster de 2002 CD 2: 1)-17) The whole of The Snow Goose with (***) an intro track plus: 18)*** The White Rider 19)*** Another Night Un bon CD avec un autre CD qui contient The
Snow Goose au complet LIVE... C'est un album parfait
reconstruisant l'histoire de Camel avant 1978 à
merveille, même si le premier album est un peu
négligé. Vous croyez ne faire qu'une "dépense
Camel" dans votre vie, payez vous ceci. |
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Il n'y a définitivement pas grand chose à ajouter à mon mini-résumé ci-haut... Je vais tenter de faire de mon mieux. Andy Ward dit de A Live Record qu'à l'époque, il se voulait comme une sorte de "best of" du groupe qui tentait de montrer de quoi Camel était capable en spectacle. Je crois que c'était réussi, mais avec cette nouvelle réédition contenant beaucoup plus de matériel, le travail est encore mieux achevé! Donc, ATTENTION, si vous voulez vous procurez A Live Record, soyez certain d'avoir la version DECCA 2002, et non pas une ancienne qui n'a pas les nouvelles pièces. Attention aussi, le prix peut varier énormément... J'ai vu en magasin jusqu'à 40$ canadien, ce qui est peut-être un peu dispendieux, je l'ai acheté sur amazon.ca, qui offrait le meilleur prix (28$ canadien! sur amazon.com il était 28$ US!!!). Cette nouvelle édition comporte un texte assez long, et une belle présentation en général, même si, sur les photos, les membres de Camel semblent avoir de la difficulté à avoir l'air intelligents! Apprécions les gens qui ne se prennent pas trop au sérieux!
Quatre des sept pièces ajoutées dans la version DECCA 2002 sont des chansons apparaissant sur Rain Dances. Compréhensible; à l'époque, il aurait été stupide de mettre le meilleur de Rain Dances sur un album paraissant l'année juste après! Vive le commerce! D'ailleurs, les versions "live" des pièces de Rain Dances sont, étrangement, parmi les plus intéressantes. Force est d'admettre qu'un "mix" douteux des instruments fait que le premier CD de l'album n'a pas l'intensité qu'il aurait pu avoir autrement. Donc les pièces clés perdent un peu de valeur et ne réussissent généralement pas à surpasser leurs clones versions studios. Je dis cela en pensant surtout à Lunar Sea et Lady Fantasy, deux monstres musicaux qui ne se distinguent pas vraiment ici... Mais, il est bien d'entendre les versions légèrement différentes (sonorités un peu différentes pour Lunar Sea, et nouveau solo ajouté sur Lady Fantasy!). Toutes les pièces de Rain Dances, sont ahurissantes par contre! Tous gagnent... TOUS! Peut-être mis à part Metrognome, dont je ne suis pas un grand fan de toute façon... Malgré que la fin est un peu meilleure. First Light et Unevensong: j'ai le pouce directement en l'air; thumb's up! Ils ont même ajouté Rain Dances (la pièce), qui bien entendue, bien que courte, est toujours aussi puissante, peut-être même plus mélodramatique. A Song Within a Song vaut aussi la peine d'être écoutée, plus différente de la studio que Lunar Sea l'est par exemple. Never Let Go est la seule représentante de l'album éponyme de Camel qui débuta leur carrière. Elle est franchement très différente par contre; intéressante, mais la version studio est bien meilleure. Le solo de basse de Sinclair n'est pas très divertissant, mais le groove plus jazz qu'ils s'amusent à produire par contre l'est. Comme je disais, intéressant, sans plus. Dommage que la pièce soit tant transformée, car rien d'autre vient de cette belle époque! Ligging at Louis' est un morceau de Peter Bardens que Camel n'avait jamais imortalisé avant. C'est un espèce de jam basé sur un thème de synthétiseur. Personnellement, j'aime beaucoup, bien qu'il semble être hors-cadre un peu ici. La version de Lady Fantasy est malheureusement un peu décevante (j'avais vraiment hâte d'entendre ce classique en live!). Elle tient la route, mais elle est un peu plus plastique (perdant un peu de cette intensité que la finale possède), soyons quand même joyeux les amis! Un solo de guitare additionnel et nous sommes tous heureux! Et ce solo est dans un moment doux et est donc déchirant (Latimer, un des meilleurs guitaristes à mon avis... Peut-être mon favori) (ce solo se trouve juste avant "Saw you riding on a moon cloud"). Malgré toutes les critiques, rien n'enlèvera quoi que ce soit à Lady Fantasy (je dois vraiment réécrire ma revue de Mirage!). En fait, son seul problème est sûrement le fait qu'il est quand même difficile de vraiment la distinguée de la version studio... Un des avantages du CD 1 de cet album est le plaisir que j'ai à entendre les apparitions soudaines de Mel Collins au saxophone au milieu de pièces où il n'apparaissait pas auparavant... Finalement, la première partie de cet album, seule, ne s'aurait pas mérité un 9... n'eut été du CD 2, qui vient vous prendre à la gorge.
Peter Bardens vous parle doucement pendant une minute avant de lancer l'orchestre et Camel dans ce qui est The Snow Goose en entier, enregistré en 1975, au prestigieux Royal Albert Hall de Londres, avec Doug Ferguson par dessus le marché! Alors là, quel choque! L'orchestre, on ne l'entend vraiment pas souvent, pas parce qu'il est "enterré" par le groupe, mais parce qu'il se tient tranquille, et il apparaît toujours exactement au BON moment! Ces violons dans Rhayader auront tôt fait de vous en convaincre! En plus, la production est bonne! Je ne saurais dire quelle version de The Snow Goose je préfère vraiment... Studio? En spectacle? Ce sont deux entités distinctes, même si elles sont très semblables (à la mode des spectacles des groupes de rock progressif). Disons seulement ceci. La version studio est plus égale, et colle probablement plus à l'atmosphère de l'histoire de The Snow Goose. Par contre, la version live adoucie les moments doux puis accentue les moments durs! Oh oui!!! Au beau milieu de Migration, Camel vous surprendra avec ce soudain débordement de rock RUDE! Et quelle fin Dunkirk possède! BAM BAM BAM!!! La Princesse Perdue, avec l'orchestre; magistrale! Je ne peux pas vraiment plus vous dire ce qu'il en est... Ma seule déception est l'incroyable destruction et humiliation qu'ils font subir à Flight of the Snow Goose, un de mes moments favoris de la version studio; Le "riff" principal de la pièce est joué par le synthétiseur soudainement extrêmement mauvais de Bardens, mais je leur pardonne aisément. Des deux pièces bonus offertent, The White Rider (c'est-à-dire, Nimrodel, de Mirage), est la plus intéressante. Le début surprend par la façon dont Camel remplace la fanfare, et le tout "rock" encore plus. Une des mes additions favorites de cette version DECCA 2002 sans aucun doute. Par contre, Another Night ne varie pas beaucoup, et demeure donc ce qu'elle était... (voir ma revue de Moonmadness).
Comme je le disais au départ, si The Snow Goose seul mérite un score parfait, il est normal que A Live Record se mérite un score élevé aussi. C'est LE "package" Camel à avoir si notre intérêt envers le groupe est moyen. Je crois que A Live Record devrait convaincre n'importe quel fan de progressif boudeur que Camel est un des efforts magistraux du rock progressif, même si cet effort est sur le tard un peu. Deux heures de musique sublime d'un groupe à peu près parfait. Ceci est A Live Record version 2002.
Simon L. 10 juin 2003
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1978 Note: 9+ 1) Breathless 2) Echoes 3) Wind and a Prayer 4) Down on the Farm 5) Starlight Ride 6) Summer Lightning 7) You Make Me Smile 8) The Sleeper 9) Rainbows End QUOI?!? Breathless un mauvais
album?!? Breathless est un album chaleureux,
heureux, positif, plein de joie! Des atouts que les
autres albums de progressif n'ont que rarement. Quelle
surprise! |
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"War cries that died on your lips echo above the plains"
Les cris de guerres qui sont morts sur vos lèvres font écho au-dessus des plaines
De Echoes
OOOooooooookay! Là, je ne vous comprends pas du tout, mais pas du tout. Voici la situation: j'ai lu à tellement d'endroits que cet album était, littéralement, puant, que je l'ai laissé filé plusieurs fois... Un jour, j'ai décidé de l'acheter, et TA-DA, il était devenu introuvable. Il aura fallu plus d'un an pour que je me décide à m'abonner à E-bay pour acheter cet album... Et le résultat est le suivant; à cause de vous, critiques de rock progressif, j'ai vécu presque 2 ans sans Breathless, ce qui est vraiment MAL! Parce que Breathless, croyez le ou non, est vraiment un des meilleurs albums de Camel. J'ai envie de lui donner un 10 (non, mais faut le faire quand même!). Oui oui, j'acquiesce, Breathless est une déviation encore plus évidente vers le pop que ne l'était Rain Dances, oui, il y a des chansons ringardes (quétaines!), d'autres qu'on aurait honte de faire jouer devant nos amis... MAIS QUEL CHARME. HE! Il y a même du disco sur cet album. Nous sommes loin de The Snow Goose, ça, c'est certain, mais le groupe évolue! Imaginez un instant; un autre album du genre Snow Goose en 1978; de quoi se faire trucider par la critique. Néanmoins, cet album est REMPLI du son de Camel; Bardens sort de superbes sonorités de son clavier, Latimer nous fait goûter à sa guitare savoureuse, oui! Vous ne réussirez jamais à me faire croire que ceci est une trahison. Camel est partout; ça sent le chameau! Habituellement les groupes à cette époque faisaient une de deux choses suivantes; 1) continuer à faire du progressif et tranquillement disparaître, 2) se prendre moins au sérieux et faire de la pop. Camel mélange les deux avec succès sur Breathless. Finalement, c'est sur cet album que la section rythmique est à son meilleur. La combinaison Ward-Sinclair est extraordinaire. Ward est un batteur qui devrait recevoir plus de mérite! Peter Bardens, le bon vieux claviériste, quitte le groupe pendant (ou juste après?) l'enregistrement de cet album, et après c'est le bassiste Sinclair qui s'en va. Le départ de Bardens est assez dramatique quand même, il était membre fondateur, et un compositeur très important. Apparemment la relation de travail avec Andy Latimer était devenue trop tendue, et les autres ont décidé de suivre Andy... Et bien! Avec le départ de Bardens et Sinclair, c'est tout le côté chaud et jazz du groupe qui prend la porte. La preuve est l'album suivant: I Can See Your House From Here. Heureusement, Andy Latimer retrouvera ses racines au début des années 80...
La pièce titre ouvre l'album. Breathless est une ballade menée par la guitare acoustique. Elle met en vedette des paroles simples, un oboe, des chants en fausset, et d'autres lignes surimposées. La beauté nous frappe pour la première fois déjà. On change complètement de ton avec la pièce suivante: Echoes. Elle est la seule pièce que Latimer semble vouloir garder de l'album. Elle est définitivement ce qu'il y a de plus Camel et de plus progressif sur Breathless. C'est aussi une de mes pièces favorites du groupe! Je n'en reviens pas de la puissance de la mélodie! Et Bardens qui utilise son clavier d'une façon qui rappelle la pluie! La partie chantée est aussi superbe. C'est sur Breathless que les mélodies chantées semblent être à leur meilleur pour le groupe. Il y a une pose entre deux couplets et un rythme jazzé et synthétisé se fait couvrir par un autre superbe solo de Latimer QUEL MOMENT! Quelle chanson! Encore une fois, écoutez Andy Ward jouer de la baguette tout au long... incroyable! Il y a aussi le fait que Echoes vient immédiatement après Breathless... C'est une transition étrange, mais qui donne une force insoutenable à Echoes. Je suis toujours frappé par le début de la pièce. Chapeau. Wing and a Prayer est un morceau typiquement NON Camel. C'est un des deux morceaux les moins intéressants de Breathless, mais quand même agréable. Le rythme est un peu enfantin, les refrains sont beaux. Original en tout cas. Difficile à expliquer. Down on the Farm est la chanson la plus controversée: elle est aussi écrite par Sinclair seul. Elle est une mixture de métal, de musique pastorale et de pop. Les couplets sont un peu embarrassants, mais la guitare est méchante, et les refrains créent certains des meilleurs moments de l'album grâce à une capacité à s'accrocher à votre mémoire que vous-mêmes ne comprendrez pas! La façon dont "Down on the farm, better get on your boots and join us!" est chanté à répétition est vraiment bonne. De plus, suivez la guitare de Latimer qui, tout au long, est très croustillante. À la fin, les paroles s'éteignent tranquillement et la pièce devient donc instrumentale; c'est à ce moment qu'on se rend compte de la qualité de la composition. Bien entendu, les paroles stupides et les sons de fermes rendent le tout un peu... Bref, passons. Starlight Ride est une douce mélodie chantée de façon radieuse par Latimer. La flûte fait une grande apparition, et Bardens donne au tout une sonorité relaxante et enivrante. Bravo encore. Summer Lightning est une chanson disco! Oui! Une chanson de Camel qui a les paroles "Keep on dancing!"!. Quand je dis "disco", je veux vraiment dire "disco", genre discothèque de 1978! Mais c'est de loin la meilleure chanson disco qui existe. Les refrains coupent le souffle, et la fin met en vedette quelque chose de jamais vu: un solo de guitare passionné et vraiment Latimer sur un rythme disco! Un des meilleurs moments de l'album encore. Savoureux. You Make Me Smile est le moment "moyen" numéro 2. La seule chanson qui me dérange un peu finalement. Je crois que c'est le son synthétisé TRÈS LAID qui sert de rythme au tout qui me dégoute. Et les paroles, comme vous pouvez le voir avec le titre, sont définitivement "plates". Ensuite il y a The Sleeper, qui me rappelle étrangement Lunar Sea (ce qui est TRÈS BIEN). Le début est envoûtant, comme des ondes basses qui traversent votre cerveau, et d'autres sons étoilés. Et soudainement le tout se transforme en jazz syncopé très bien mené par les mélodies de Latimer et Bardens. Le "pattern" général de The Sleeper est un peu comme suit: la personne s'endort, et se met à rêver étrangement. Enfin Rainbow's End a des paroles écrites par Andy Latimer qui sont l'adieu à Peter Bardens. Au début, je la trouvais très ringarde, mais maintenant je me suis habitué au sentiment général. Andy chante encore en fausset en disant à Peter qu'il espère que celui-ci trouvera la fin de l'arc-en-ciel (vous voyez ce que je veux dire). Mais elle résume le tout très bien; avant, être en désaccord nous rendait créatif, maintenant c'est devenu insoutenable... Adieu Peter. Rainbow's End rappelle un peu le ton de la pièce titre qui ouvrait l'album, et nous avons un effet "boucle" magique. Avant de finir cette partie, je veux rappeler à quel point la section rythmique de cette époque de Camel est foudroyante. Le sentiment jazzé de Breathless vous envahira si vous le voulez bien!
Cet album est la bible de l'ambiance "fin années 70". Un tableau incommensurablement agréable duquel émane une chaleur à toute épreuve. Un "groove" impeccable. Quoi dire de plus! C'est vous, les "fans de rock progressif" qui ne savez pas de quoi vous parlez! Bande de "nerds", aujourd'hui, je quitte officiellement votre bande! Remarquez, je ne sais pas si j'en ai déjà fait parti... En fait, qu'est-ce que l'amateur de rock progressif stéréotype? Hmmmm, une dissertation la dessus est à venir... Mais bon, pour revenir à Breathless, si vous cherchez un peu, vous verrez que certaines critiques l'appellent "le meilleur de Camel"; je ne suis pas seul! Encore une fois; oui, ringard, mais aussi, oui, grandement réconfortant. La seule raison pour laquelle cet album ne reçoit pas la note parfaite, c'est probablement à cause du facteur "ringard" qui apparaît à quelques moments, ou vous savez, cette impression que vous avez en entendant une chanson et en vous disant "je ne suis pas certain que je voudrais que mes amis entendent ça!". En acceptant la nature de Breathless, vous êtes voués à l'adorer. Arrêtez de vous en priver!
Simon L. 12 juin 2004
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1979 Note: 6+ 1) Wait 2) Your Love is Stranger Than Mine 3) Eye of the Storm 4) Who We Are 5) Survival 6) Hymn to Her 7) Neon Magic 8) Remote Romance 9) Ice Un album plus froid que Breathless.
Les aspirations pops sont encore présentes en force,
c'est le jazz qui s'en va... Ice vient vraiment
sauver ce disque à l'aide de son statut de classique
absolu. |
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"It's just a sequence, it makes no real sense"
Ce n'est qu'une séquence, ça n'a pas vraiment de sens.
De Remote Romance
Le premier album sans Peter Bardens. Richard Sinclair a aussi pris la porte. Ce sont des temps difficiles pour le groupe, et si vous voulez mon avis, cela fait vraiment mal. C'est Latimer qui sauve la face de cet album. Ses invités n'ont pas une influence extraordinaires (en tout cas, ceux qui composent!). Je vais m'ennuyer de la section rythmique qui enchantait les deux albums précédents, Ward et Sinclair était toute qu'une paire (Ward est encore présent, en passant)! Le "package" de cet album rend l'ambiance plus froide, même la production lui donne un sentiment de "stade". Je suis un peu déçu par cet album en général, il est handicapé par des morceaux plus ou moins inspirés. Aussi, toute prétention jazz que le groupe avait semble s'envoler avec Richard Sinclair (et Bardens), ce qui est très dommage car cela donnait un charme incontesté à Breathless, et maintenant I Can See Your House From Here met en vedette les compositions pops.
Wait, qui ouvre l'album avec son sujet intéressant (le jeu pathologique!), donne vraiment le ton. Elle reste tout de même un des points forts de ICSYHFH (I Can See Your House From Here). Ceci est particulièrement vrai lorsqu'on considère la composition complexe derrière le mur pop, surtout les combats de claviers entre Schelhaas et Watkins. Cela me rappelle que j'ai oublié de mentionné que Latimer a décidé de profiter du départ de Bardens pour engager deux claviéristes plutôt qu'un! C'est sur Wait que cela est le plus évident. De plus, la basse de Bass (hehe, il s'appelle Colin Bass après tout le bassiste) est fabuleusement construite. Le morceau suivant, Your Love is Stranger than Mine, possède l'un des meilleurs titres de chanson! ("Ton amour est plus étrange que le mien"!). Par contre, c'est un morceau assez ringard ("quétaine"); un petit rythme simplet, une basse absente qui joue 3 ou 4 notes, dont une sans arrêt (boum, boum, boum, boum, jamais de "badaboum"), et une chanson d'amour plus ou moins inspirante... Passons. Eye of the Storm est une composition de Watkins (qui apparaît aussi sur un album de Happy the Man si je ne me trompe pas). Aucune parole, la flûte enchante, la mélodie est belle, la basse "fretless" aussi. Assez simple, mais enivrant. C'est lent, précis, et doux. La chanson suivante, Who We Are, composée par Latimer, possède un bon début de guitare, mais le corps principal est un peu du genre Your Love is Stranger than Mine, mais en ballade ringarde ce coup-ci. Même le solo de guitare acoustique du milieu est un peu... enfin... En plus, elle est très longue. Voici un des handicaps de ICSYHFH. Ensuite, Survival donne un avant goût de ce que pourrait être un album de musique d'orchestre composé par Latimer; un chef-d'oeuvre! Quelle mélancolie superbe! Cette pièce passe plus d'émotion que la précédente en moins d'un septième du temps! Bravo pour l'orchestration aussi. Puis suit un des classiques de Camel Hymn to Her, qui en effet possède biens des qualités. C'est ce qu'on appellerait une "power ballade". Le riff principale est divin. Je la trouve peut-être moins superbe que ce que les fans semblent dire, le rythme ne me transporte pas vraiment. Mes les mélodies sont extraordinaires. La section du milieu, qui est rapide, est intéressante, mais pas du Camel première classe quoi... Hymn to Her demeure quand même un des points forts de l'album, probablement plus que Wait. Elle est sûrement plus mémorable. Les deux morceaux suivants sont du pop très directs, peu mentionnés, et rarement rencontrés dans les discussions sur Camel. Neon Magic est un rock direct, simple, mais efficace je dirais. Seulement, elle ne débouche sur rien. Positif en général, même si le solo de guitare passe d'une oreille à l'autre sans s'accrocher à aucune cellule de mon cerveau. Écoutez bien la toute fin de la pièce pour entendre une reprise de l'air de Rhayader de The Snow Goose. Remote Romance est souvent démolie par les critiques. C'est une espèce de tentative de faire de la musique électronique avec un "beat" synthétisé et direct encore une fois. Je l'haïssais (littéralement) au début. Maintenant, je l'aime bien. En fait, elle est mieux que Neon Magic. Au moins, elle est originale et tente de faire quelque chose. Le tout est ridicule, comme si Latimer savait que c'était stupide, mais il a rendu la stupidité tolérable. C'est les dix dernières minutes de l'album qui me donne vraiment le goût de donner une note supérieur à cet album (je me retiens). Ice est un classique instrumental absolu de Camel. Une des meilleures pièces du groupe, sans contredit. On tente souvent de faire un rapprochement entre David Gilmoure (Pink Floyd) et Andy Latimer, je comprends rarement, on se sert même de Ice comme exemple! Moi, je ne vois pas cela ici. Le seul point en commun que je vois, c'est que les deux guitaristes ne sont pas de grands techniciens, mais savent comment jouer une note et la charger d'émotion. Pour moi, les morceaux que j'ai entendus qui ressemblent le plus à du Pink Floyd son certaines parties de Unevensong (sur Rain Dances) et For Today (sur A Nod and a Wink). Sur Ice, le Pink Floyd est surtout dans le rythme, mais la mélodie ne peut que me rappeler Latimer. Revenons justement à Ice, qui commence avec de la superbe guitare accompagnée de doux accords au piano. Notez que le tout est très lent... Une chanson pour les funérailles, mais des funérailles positives. Pensez au titre "Ice" lorsque vous l'écoutez, et voyez où cela vous transporte. Lorsque le rythme arrive, le guitare déchire l'âme... Les claviers s'en donnent un peu aussi, mais il sert surtout de couplet à la mélodie, et chaque fois que le "refrain" de guitare se pointe, vous serez propulsés. Le clavier sert superbement de mur de glace et de feu pour soulever la mélodie de Latimer. Quel chef-d'oeuvre! Je me sens coupable de donner une note si basse à cet album lorsque je pense à ce morceau, qui est encore joué dans presque tous les spectacles de Camel. Andrew Latimer donne ici sa confirmation "oui les amis, je me souviens de l'esprit Camel". Le clavier prend un son de pluie, la guitare "fade out" tranquillement... Et tranquillement, la guitare électrique accompagnée de guitare acoustique ferme le morceau, doucement, et vous vous endormez... Ainsi ce termine ce voyage inégal qu'est I Can See Your House From Here.
En passant, le titre de l'album fait référence à la pochette. Ne vous méprenez pas, ce n'est pas une navette spatial au-dessus de la Terre, c'est un astronaute cloué à une croix! Vraiment pas la meilleure pochette du groupe. Elle fait référence à une blague de l'époque qui va à peu près comme suit: "Jésus est sur la croix et dit faiblement "Marie, vient ici", Marie s'approche, que peut vouloir dire le Christ à cette heure si sombre? "Marie, approche...", elle tend l'oreille, "Marie, je peux voir ta maison d'ici"." (I Can See Your House From Here). La pochette froide décrit encore une fois très bien un album qui est comme cela. Il est froid par sa production, et le type de chansons qui l'habitent, mais il est aussi froid à cause de cette merveilleuse fin.
Simon L. 30 mai 2004
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